cafard

cafard, arde [ kafar, ard ] n.
• 1589; caphar 1512; ar. kâfir « infidèle » et -ard
I
1Vx Personne qui affecte l'apparence de la dévotion. bigot, tartufe. Adj. « Ce masque cafard de domestique congédié, ce masque effronté et honteux » (Martin du Gard).
2Personne qui dénonce sournoisement les autres. dénonciateur, mouchard.
II N. m.
1(XIXe; caffar 1542) Blatte.
2(1857 « idée fixe ») Fig. Avoir le cafard, des idées noires. ⇒ blues, fam. 2. bourdon, mélancolie, spleen, tristesse. Cela me donne le cafard. Un coup de cafard. déprime.
⊗ CONTR. Ouvert, 2. franc. — Gaieté.

cafard nom masculin (de cafard) Le plus usuel des noms communs de la blatte. Familier. Découragement, idées noires : Un coup de cafard.cafard (synonymes) nom masculin (de cafard) Le plus usuel des noms communs de la blatte.
Synonymes :
Familier. Découragement, idées noires
Synonymes :
- bourdon (populaire)
Contraires :
- allégresse
- élan
- gaieté
cafard, cafarde nom et adjectif (arabe kāfir, incroyant) Littéraire. Hypocrite, faux dévot. Familier. personne, élève qui dénonce hypocritement ; mouchard, cafardeur. ● cafard, cafarde (citations) nom et adjectif (arabe kāfir, incroyant) Alfred de Musset Paris 1810-Paris 1857 Mais je hais les cafards et la race hypocrite Des tartuffes de mœurs, comédiens insolents, Qui mettent leurs vertus en mettant leurs gants blancs. Premières Poésies, la Coupe et les lèvres cafard, cafarde (synonymes) nom et adjectif (arabe kāfir, incroyant) Littéraire. Hypocrite, faux dévot.
Synonymes :
Contraires :
- dévot
Familier. personne, élève qui dénonce hypocritement ; mouchard, cafardeur.
Synonymes :
- mouchard (familier)
Contraires :
- sûr

cafard
n. m.
d1./d Blatte.
d2./d Fig. Tristesse, mélancolie sans motif précis. Avoir le cafard.

I.
⇒CAFARD1, subst. masc.
A.— Insecte orthoptère noir et de forme aplatie du groupe des blattidés. Synon. blatte, cancrelat :
1. Ils sont douze, douze gars bien balancés, beaux, bien tenus, rasés, lavés. (...) Ils n'ont ni maladies, ni cafards, ni vermine, ils ne se plaignent ni de la discipline, ni de la solitude...
E. TRIOLET, Le Premier accroc coûte deux cents francs, 1945, p. 363.
P. compar. Ils [les vacanciers] rappliquent de partout, comme des cafards... Ça grouille partout sur notre grève (GENEVOIX, Les Mains vides, 1928, p. 40).
B.— Au fig., rare au plur., fam. Tristesse lancinante accompagnée d'idées noires et d'un sentiment de profonde lassitude. Synon. bourdon (arg.); mélancolie, spleen (littér.) :
2. Le spleen de Londres, lent, mouvant, subtil, qu'est-il à côté du cafard de New-York combattu à coups de cocktails, de l'affaissement nerveux qui nous y guette? Un Européen résiste quelques mois. Le Newyorkais n'y échappe que par les départs. Le salut dans la fuite.
MORAND, New-York, 1930, p. 280.
SYNT. Attraper, avoir, donner le cafard; un jour, une période, une crise de cafard.
En partic., fam. Cafard de + subst. Nostalgie sombre. Je savais quand ça le reprenait ce cafard des architectures, c'était surtout à la campagne (...) Il lui revenait un coup de souvenirs (CÉLINE, Mort à crédit, 1936, p. 444).
Loc., fam. Coup de cafard. Acte irréfléchi inspiré par le cafard :
3. Beaucoup de ces entreprises [les évasions], au début surtout, n'ont pas eu d'autre fondement qu'un « coup de cafard ». Décidées sur une impulsion et exécutées, sinon dans l'heure même comme cela s'est vu, du moins à bref délai et sans préparation, ...
AMBRIÈRE, Les Grandes vacances, 1946, p. 219.
PRONONC. ET ORTH. :[]. Orth. caffard dans B. JULLIEN, Le Lang. vicieux corr., 1853 (cf. aussi dans FÉR. 1768).
ÉTYMOL. ET HIST. — 1. 1542 caffar « blatte » (DU PINET, Pline, XI, 18 dans DELB. Notes : Les caffars se nourrissent des ténèbres); 2. 1857 cafard « idées noires » (BAUDELAIRE, Les Fleurs du mal, p. 196).
Sens 1 prob. issu p. métaph. de cafard2 « faux dévot », la blatte étant de couleur noire et fuyant la lumière. Du sens « blatte » est issu le sens 2 également p. métaph. (cf. avoir le bourdon).
BBG. — MILLEPIERRES (F.). Les Insectes. Vie Lang. 1969, p. 444. — SAIN. Sources t. 3 1972 [1930], pp. 80-81.
II.
⇒CAFARD2, ARDE, subst.
A.— Personne qui affecte une dévotion, une vertu de mauvais aloi, ou qu'elle n'a pas. Synon. bigot, cagot, tartufe :
1. ... un cafard qui sait feindre
Jusqu'au charme de la vertu;
Un petit saint pétri de ruse
Qu'à Montrouge on encenserait.
BÉRANGER, Chansons, Couplets sur un portrait de moi, t. 3, 1829, p. 163.
Emploi adj. [En parlant des attributs d'une pers., de ses attitudes, de ses paroles] Allure, mine cafarde; air cafard :
2. L'hostilité cafarde de ce groupe [les catholiques] était, peut-être, encore plus enragée que la haine déclarée des mécréants.
BLOY, Le Désespéré, 1886, p. 297.
P. ext. (et p. réf. au personnage de Tartuffe chez Molière). Personne agissant d'une manière sournoise, tout en affectant des dehors de correction :
3. Ah! ce fut un beau coup d'imposer le général Zurlinden à Brisson, assez simple pour ne pas demander ses sûretés, d'abord. Un maître-tour de cafard pour désorganiser le ministère en acte de revision, jeter Brisson à bas et se donner la chance d'un cabinet de complices...
CLEMENCEAU, Vers la réparation, 1899, p. 191.
B.— Fam., en partic. lang. des écoliers. Mouchard, délateur. Synon. rapporteur :
4. « Je parie, dit Bineau, que Robert nous a dénoncés à son père.
— Parbleu! C'est un rapporteur.
— Il le payera, le cafard. »
CHAMPFLEURY, Les Souffrances du professeur Delteil, 1855, p. 45.
Rem. On rencontre dans la docum. le subst. fém. cafarde, arg. Lune. Synon. moucharde (ESN.). La cafarde est une vache, le reluit [= « soleil »] une bourrique (HOGIER-GRISON, Les Hommes de proie, Le Monde où l'on vole, 1887, p. 296).
PRONONC. ET ORTH. :[], fém. [-]. On trouve la graph. caffard (Marquis DE FONGERAY, Les Soirées de Neuilly, t. 1, 1827, p. 227).
ÉTYMOL. ET HIST. — 1. 1512 subst. caphar « faux dévot » (THÉNAUD, Voy. d'Outremer, éd. Schefer, p. 98 dans DELB. Notes); av. 1544 adj. caphard « hypocrite » (C. MAROT, Colloques d'Erasme, Virgo f° D r°, éd. s.d. dans GDF. Compl. : caphardes parolles); av. 1564 subst. caffart (CALVIN, Lettres, t. 1, p. 64, ibid.); 1589 cafard (Lettres de mission de Henri IV, 1er août, t. II, p. 503, ibid.) [QUEM. donne ce mot comme attesté d'abord dans les Abuz du Monde de P. Gringore (1509) dans DELB. Notes, attest. qui n'a pu être trouvée dans ce fonds]; 2. 1834 cafard « mouchard » (LAND., s.v. cafarder).
Empr. à l'ar. « incroyant » qui prit le sens de « converti à une autre religion que la sienne », d'où « faux dévot », proprement part. prés. de kafara « être incroyant », le suff. péj. -ard ayant remplacé la finale insolite. L'hyp. de L. Spitzer dans Z. rom. Philol., t. 44, 1924, pp. 191-192, qui voit dans cafard « faux dévot » une transposition de cafard « blatte », qui lui-même serait à rattacher au dialectal jouer à kafó « jouer à colin-maillard », est en contradiction avec les données chronol., v. cafard1. Celle de P. Barbier dans R. Lang. rom., t. 63, 1925, pp. 11-18, selon laquelle cafard « bigot » et « blatte » serait une transposition de cafard « hanneton » attesté dep. COTGR., dér. du m. néerl. kaff « balle de blé, cosse de fève, etc. », se heurte à des difficultés géogr., chronol. et sémantiques.
STAT. — Fréq. abs. littér. :169.
DÉR. Cafeter, verbe, arg. scol. Dénoncer. Synon. pop. cafarder, rapporter. Sur les cinq heures, comme il [Lavelongue] allait se taper un crème, moi je profitais dans la réserve pour ôter un peu mes tatanes, (...). Du coup, les autres enfoirés, ils allaient me cafeter au singe (CÉLINE, Mort à crédit, 1936, p. 166). Empl. transitivement dans la seule attest. de la docum., ce verbe peut, selon ESN. 1966, avoir des emplois intrans. 1re attest. 1900 (Lycées, Paris d'apr. ESN.); dér. du rad. de cafard, suff. -eter. Fréq. abs. littér. : 1. Rem. On rencontre dans la docum. a) Cafeteux, subst. masc., arg. (CÉLINE, Mort à crédit, 1936, p. 346; suff. -eux). Délateur, rapporteur. b) Cafeteur, subst. masc. arg. Même sens.
BBG. — RIGAUD (A.). Les Métaph. du largonji. Vie Lang. 1971, p. 297 (s.v. cafarde). — RUPP. 1915, p. 86. — SAIN. Arg. 1972 [1907], p. 71, 216 (s.v. cafarde). — SAIN. Sources t. 1 1972 [1925], p. 208; t. 3 1972 [1930], p. 235, 363, 399, 523 (s.v. cafarde).

1. cafard, arde [kafaʀ, aʀd] n. et adj.
ÉTYM. 1589; caphar, 1512; probablt arabe kāfǐr « mécréant, renégat » (d'où le sens « faux dévot »); P. Guiraud conteste cette orig. et évoque le rad. caf- (cf. cafre, en picard, XIIe), du lat. cavus, par une évolution sémantique obscure.
1 N. (Vx ou littér.). Personne qui affecte l'apparence de la dévotion. Bigot, cagot, dévot (faux dévot), hypocrite, tartufe; cafardise. || C'est un cafard (→ Appeler, cit. 29).
2 Adj. || Avoir l'air cafard, la figure cafarde. Fourbe, patelin, sournois.
1 (…) le maintien cafard ou effronté des moines (…)
Rousseau, les Confessions, V, p. 249.
2 (…) ce masque cafard de domestique congédié, de voleur pris sur le fait, ce masque effronté et honteux (…)
Martin du Gard, les Thibault, t. VII, p. 70.
3 « Si tu le portes manquant, avec toutes les histoires qu'il a eues déjà… » Pietro a un air cafard pour me dire ça. Je sais bien qu'il ne m'aime pas, et qu'il compte abuser de ma bonté.
Drieu la Rochelle, la Comédie de Charleroi, p. 192.
3 N. et adj. (1834). Fam. (Personne) qui dénonce sournoisement les autres. 1. Cafarder; cafardeur, cafeteur (argot scolaire), délateur, dénonciateur, espion, mouchard, rapporteur; → aussi Récréation, cit. 4.(1836; in Esnault). Argot, vx. || La Cafarde : la lune.
N. m. Argot. Agent de police. Condé, flic, poulet.
4 On allait venir, il le savait. Il n'avait pas d'histoire à préparer pour la police. Il ne portait pas d'arme et personne ne pourrait prouver qu'il en avait porté une (…) Alors, inutile de préparer un conte de fées pour les cafards : il n'avait rien vu.
Loup Durand, le Caïd, p. 373.
CONTR. Ouvert. — Franc, sûr.
DÉR. 1. Cafarder, cafarderie, cafardise.
————————
2. cafard [kafaʀ] n. m.
ÉTYM. 1542, caffar; de 1. cafard, par métaphore sur la couleur noire et les habitudes de l'insecte, qui se cache.
1 Blatte orientale (n. sc. : Blatta orientalis).Par ext. (cour.). Blatte. || Il y a des cafards dans cette maison.Par compar. || Grouiller comme des cafards.
2 Loc. Avoir un cafard dans la tête : avoir l'esprit dérangé (→ Avoir une araignée au plafond).
(1882). Vx. Idée fixe. → 3. Cafard.
————————
3. cafard [kafaʀ] n. m.
ÉTYM. 1857, Baudelaire; de 2. cafard (2.).
Tristesse, mélancolie accompagnées d'idées sombres et obsessives. Bourdon, noir (fam.); découragement, déprime, mélancolie; spleen (Littér.).
1 Parfois il (le Démon) prend, sachant mon grand amour de l'Art
La forme de la plus séduisante des femmes
Et, sous de spécieux prétextes de cafard,
Accoutume ma lèvre à des philtres infâmes.
Baudelaire, les Fleurs du mal, « La destruction ».
2 Tant qu'il n'occuperait pas à de nouvelles opérations officiers et soldats, il fallait combattre ce que d'autres soldats d'Afrique devaient, un demi-siècle après, appeler « le cafard ».
Louis Madelin, l'Ascension de Bonaparte, XVII, Le Gouvernement de l'Égypte, p. 252.
Avoir le cafard : avoir des idées noires. 2. Cafarder. || Cela me donne, me fiche le cafard. || Attraper le cafard. || Une crise de cafard.
3 (…) il a ce ton inquiet et tendre, protecteur, qu'il prend quand elle a ses moments de dépression, ses crises de larmes (…) Elle sent que ses yeux aussitôt se remplissent de larmes (…) « Je ne sais pas, j'ai le cafard. C'est idiot. C'est pour des riens… »
N. Sarraute, le Planétarium, p. 81.
4 (…) c'est dur, ça me fout le cafard, bon Dieu ! Je peux pas arriver à me tirer de ma coquille.
Bernanos, l'Imposture, in Œ. roman., Pl., p. 476.
Loc. fam. Coup de cafard : accès brusque de cafard. || Agir sur un coup de cafard, par un acte impulsif, irraisonné, inspiré par le cafard.
CONTR. Enthousiasme, gaieté.
DÉR. 2. Cafarder, cafardeux.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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